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mercredi 1 juillet 2009

Les bulbes


Il est utile, parfois nécessaire, pour réussir ses plantations ou faire refleurir son amaryllis, de comprendre le monde des plantes à bulbe, son unité mais aussi sa diversité.

Qu'est-ce qu'un bulbe ?

Les tulipes, glaïeuls et dahlia sont des plantes qui nous sont familières. Nous les voyons au présentoir du grainetier ou encore remisés au garage à la mauvaise saison. Nous les imaginons alors aisément, comme des organes volumineux, sortis de terre et dormant. Mais comment les définir ?
Chercher à les définir d'une manière à la fois simple et botaniquement satisfaisante est une gageure tant ce que nous nommons "plantes bulbeuses" comprend de diversité.

Fonctionnellement, le bulbe peut servir d'organe de réserve. Il permet ainsi une survie pendant la mauvaise saison ou les mauvaises années ! Le bulbe persiste alors seul, dormant à l'abri dans le sol.
La dormance des bulbeuses est une adaptation à des conditions écologiques très variées mais souvent caractérisées par la brièveté de la saison favorable à la végétation. Ceci du fait d'hivers froids, d'étés secs (lis blanc) ou d'un éclairement saisonnier bref des sous bois (perce-neige).
Mais il est des plantes bulbeuses qui se sont adaptées à des climats suffisamment constants pour n'avoir pas besoin de période de repos et garder un feuillage permanent (Eucharis).

Lors de la propagation et dispersion de la plante, le bulbe montre une double utilité :
- Le bulbe sait se reproduire à l'identique et produit des boutures en "prêt à planter" qui sont entraînées par les animaux ou les éléments.
- Il joue en outre son rôle de réserve, ici crucial, permettant aux bulbilles d'attendre des conditions favorables durant de longs mois. (Exemples : les bulbilles si nombreuses et flottantes d'Hippeastrum petiolatum dispersées par les cours d'eau et les bulbes du prolifique Haemanthus pauculifolius tombant d'un replat de falaise à un autre.)
Les rhizomes, également, permettent, outre la multiplication, de gagner chaque année un sol neuf.

Morphologiquement, le "bulbe" au sens le plus large, peut correspondre à chacun des trois organes fondamentaux des plantes : racines (racines tubérisées des dahlias), tiges (cormes des glaïeuls, tubercules, rhizomes, pseudo bulbes) et feuilles (vrais bulbes des tulipes).

Un peu de botanique

Les concepts de genres et de familles, groupements témoignant de la parenté des espèces, sont aujourd'hui largement compris des amoureux des plantes, des collectionneurs et des jardiniers. Au total, environ 90 familles comprennent des plantes bulbeuses [Herbertia n°52]. Certaines de ces familles sont bien connues, sinon célèbres : les Liliacées, Iridacées et Amaryllidacées, qui toutes trois, et bien d'autres, appartenant à la classe des Monocotylédones.
Le groupe des Monocotylédones est fort riche en familles de bulbeuses. Sa classification a été récemment bouleversée.

Monocotylédones et dicotylédones sont les deux subdivisions classiques des plantes à fleurs.
Très schématiquement les monocotylédones ont souvent des feuilles rubanées, engainantes à la base (à l'origine des couches des oignons) et à nervures parallèles. Les fleurs ont habituellement des pièces florales par 3 ou multiple de 3 (fleurs de type 3). Dans les graines, qui sont souvent à albumen (pensez au blé ou à la noix de coco), l'embryon n'a qu'un cotylédon.
Les dicotylédones sont plus chichement pourvues en bulbeuses (Cyclamen, Dahlia...).
Chez les dicotylédones : feuilles à limbes larges et à nervures ramifiées en réseau, rarement engainantes. Fleurs souvent de types 4 ou 5. Graines rarement à albumen, à deux cotylédons (ex. haricot, cacahouète)...

Définition des bulbes


Le mot bulbe est généralement employé pour désigner un organe de réserve remarquable, habituellement souterrain, d'une plante vivace herbacée à végétation souvent saisonnière. Ce terme générique recouvre en fait des structures différentes : feuilles (vrais bulbes), tiges (cormes, rhizomes, tubercules, pseudobulbe) ou racines tubérisées.

Bulbe (Bulbe feuillé) : Organe de réserve ayant la structure d'un gros bourgeon constitué de feuilles modifiées épaissies (écailles), chargées de matières nutritives, naissants sur une tige condensée (plateau). Ces écailles sont les bases des feuilles développées (ex : Amaryllidacées, Alliacées, Hyacinthacées) ou bien sont des feuilles sans limbe vert (Tulipes...).
On peut distinguer les bulbes à tunique et les bulbes écailleux. Les bulbes tuniqués, c'est à dire recouverts d'une enveloppe protectrice sèche, sont habituellement composés de feuilles entièrement engainantes, comme l'oignon de cuisine (Amaryllidacées, Alliacées, Hyacinthacées, Tulipe...).
Les bulbes écailleux sont composés d'écailles charnues non engainantes, lâchement imbriquées et non enveloppés d'une tunique (Lis, Fritillaire).
Le bulbe persiste et reconstitue ses réserves au cours du cycle végétatif (Amaryllidacées) ou bien laisse la place à un bulbe de remplacement de taille à fleurir (Tulipe, Ixiolirion) ou à des bulbilles (Cardiocrinum).

Corme (Bulbe solide) : Aspect voisin des bulbes mais les réserves sont accumulées dans la tige charnue. Chez de nombreuses Iridacées (Crocus, Glaïeul, Freesia...) des bourgeons floraux sont présents au sommet et l'ensemble est entouré d'une tunique. Ce corme épuise ses réserves au cours de chaque cycle et est remplacé par un nouveau. Erythronium et Colchique forment des cormes d'un type tout différent.

Rhizome : Tige à développement horizontal, souterraine ou rampante, émettant des tiges aériennes et portant des racines adventives. Plus ou moins épaissi il sert d'organe de réserve et de survie. S'allongeant par l'extrémité de telle sorte qu'il conquière chaque année un sol neuf (tandis que les parties anciennes meurent) il sert ainsi également à la propagation végétative.
Exemples : Iris de jardin, Canna, Anémone, Muguet...

Tubercule : Tige souterraine épaissie transformée en organe de réserve portant sur le dessus des bourgeons végétatifs.
Exemples : Bégonia tubéreux, Cyclamen, Siningia...

Pseudobulbe : épaississement charnu de la base d'une tige ayant faussement l'apparence d'un bulbe. Se rencontre chez des Orchidées (organe de réserve) et chez des plantes myrmécophiles (habitacle des fourmis).

Racines tubérisées : Racines charnues transformées en organe de réserve (la fonction d'absorption est assurée par d'autres racines d'aspect normal). Des bourgeons végétatifs sont présents au collet, à la base de l'ancienne tige aérienne.
Exemples : Dahlia, Eremurus, Renoncule...

Géophytes : Plantes dont les bourgeons destinés à survivre passent la mauvaise saison enfouis dans le sol. La plupart des plantes bulbeuses sont géophytes mais d'autres sont épiphytes (plusieurs Hippeastrum, Pamianthe, Cyrtanthus epiphyticus...) Les termes géophytes et bulbeuses ne sont donc pas synonymes.

Les bulbeuses ont des cycles de croissance annuelle variés :
De nombreuses ont une végétation saisonnière estivale [Summer grower] (ex : glaïeul, Siningia, Hippeastrum vittatum).
D'autres, provenant de régions à été aride ou à hiver doux, ont une végétation hivernale [Winter grower] (ex : Lachenalia, Nerine sarniensis - Afrique du sud ; Rhodophiala bifida - Argentine ; Lycoris radiata - Asie...).
D'autres enfin, sans période de repos aussi marquée, gardent un feuillage permanent [Evergreen] (ex : Zantedechia aethiopica, Cyrtanthus elatus, Hippeastrum papilio, Haemanthus albiflos, Eucharis...).